Vous avez dit gifle ?
Par Camille le lundi, février 4 2008, 11:01 - C'est le pays joyeux... - Lien permanent
Ce billet est en réaction à celui de Kitty sur American Rhapsody. Comme elle, cette actualité et la fougue qu'elle a suscitée m'a choquée. Non seulement en tant que personne, mais à fortiori en tant que future fonctionnaire territoriale, travailleuse sociale, et surtout en tant que future éducatrice.
La gifle, c'est très humiliant. Bien sûr, j'ai reçu des fessées, comme de nombreux enfants, mais une claque, je n'ai jamais rien fait pour en mériter une (il aurait fallu que je sois vraiment odieuse).
Cela ne veut pas dire que parfois, une claque n'est pas méritée. Mes parents ne méritaient pas les claques de leurs parents quand ils avaient eu une heure de colle ou un zéro pointé, mais si un jour mon enfant s'amusait à traiter son prof, son père ou n'importe quel adulte de "connard", à un âge ou on est tout à fait capable de savoir ce que ça veut dire et ce que ça implique, je peux vous dire que je lui donnerais une claque bien méritée, et sans scrupules même...
Je ne suis pourtant pas pour les châtiments corporels, je suis de ceux qui considèrent, comme Kitty, que les gifles et les fessées ne font pas de nous des gens meilleurs. Je pense simplement qu'il y a un seuil qui, une fois atteint, ne peut trouver de punition plus adaptée qu'une bonne paire de claque. Un enfant qui traite un adulte de connard à 11 ans, c'est déjà un petit con, il n'a plus besoin de le devenir. C'est déjà un enfant qui n'a aucune notion du respect, sans aucun doute un enfant qui se foutra d'être renvoyé quelques jours, sûrement quelqu'un qui sera congratulé par ses petits copains et qu'en plus, on conforte dans son geste en envoyant le prof à bout devant la justice...Autant dire que son éducation est déjà un échec.
Mais cet enfant, il n'est pas responsable de cette éducation. Il est responsable de ses paroles certes, mais il est peut-être plus choquant de constater que son père n'ait pas l'air de ressentir la moindrre honte à traîner le fonctionnaire devant les tribunaux, et encore mons à l'idée de ce que son fils vient de faire. Mais quelle honte j'aurais si je constatais que déjà, 11 ans après la naissance de mon fils, j'ai échoué dans mon rôle de mère !
Si éduquer un enfant n'est pas aisé, ça ne peut et ça ne doit pas être une excuse à la bêtise des parents et au règne de l'enfant roi. De même que la réaction de ce professeur ne doit pas être expliquée par un quelconque "pétage de plomb", mais pluis volontier par la marque indéniable que les parents sont de plus en plus démissionnaires vis-à-vis de leur rôle d'éducateur, et qu'ils se reposent trop souvent sur l'école pour ne pas l'assumer.
Bien sûr, on peut ne pas être d'accord, mais je crois que cet évènement signifie plus qu'une vague perte de valeurs, qui s'inscrit de toute manière dans l'évolution de chaque société. Il est important à mes yeux de garder à l'esprit qu'il y a des choses qui sont faites pour évoluer (les valeurs par exemple, qui évoluent, se transforment, et sont remplacées par de nouvelles), et d'autres qu'il est essentiel de sauvegarder. La délimitation des rôles de chacun, et particulièrement de celui de l'école fait partie de ces dernières.
Commentaires
Je suis tout à fait d'accord avec ton analyse de la place de la baffe dans l'éducation d'un enfant.
Cependant, je trouve dommage que tout le monde se précipite pour commenter cette affaire alors que les détails n'en sont même pas très clairs ; entre un enfant qui traite un adulte de connard une unique fois parce que ledit adulte l'a plaqué contre un mur (alors, certes, si le prof l'a réellement attrapé au collet avant de se faire insulter, je doute que c'ait été totalement gratuit), ou peut-être parce que ses camarades l'y ont poussé (c'est tellement charmant, les enfants), et un petit con systématiquement irrespectueux.
Ceci étant, une chose est sure, il y avait probablement mieux à faire que de traîner le prof devant les tribunaux.
Concernant le plaquage d'élève qui sera bientôt devenu discipline olympique, il y avait dans mon lycée un professeur qui avait pour habitude de jeter des chaises à travers la classe et souvent d'extraire les élèves de leurs bureaux non sans brutalité. Malgré diverses plaintes, il n'a jamais été inquiêté... Dieu sait pourtant qu'il l'aurait mérité. On parle souvent de justice à plusieurs vitesses. A mon avis, c'est l'Etat tout entier qui fonctionne ainsi. Notre fonctionnaire ordinaire dans cette affaire n'a pas eu cette chance... Il aura sans doute servi d'exemple.